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Arioche
- Chroniques de la Confrérie du Plateau -
14/11/25 21:50 - #4389
  • Elfe
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YsT

Le retour du nain

La chaleur du désert ployait encore au-dessus du sol lorsque Karacole, Nain-Variable, apparut à la frontière de la plaine. Il avançait d’un pas lourd, ses bottes encore remplies de poussière blanche, la barbe emmêlée par le vent, le regard chargé d’une fureur sombre.

Ceux qui le connaissaient savaient : la réincarnation des nains n’efface jamais la rancune.

Karassistant , le fidèle assistant du nain, fut le premier à le repérer.

Il leva la main, tout sourire :

Maître! Enfin vous voilà ! J'ai essayé tant bien que mal d'aider à la construction de l'auberge, mais je n'égale pas votr....

Karacole lui passa devant comme un bloc de granit en mouvement.

Où est Phélicien ?

Sa voix était une enclume raclée contre la pierre.

Karassistant déglutit.

Euh… Phélicien ? Oh vous savez… il est… en vadrouille, oui voilà, en vadrouille dans le désert. Pour… hum… réfléchir à ses actes ?

Karacole serra les poings si fort que ses phalanges blanchirent.

J’vais lui apprendre à réfléchir, moi. Par la barbe de ma mère, j’vais lui faire avaler ses runes une par une a ce fils de…

Et il partit d’un pas rapide vers le cœur du campement, sans adresser un regard de plus à Karassistant, qui se gratta la tête en marmonnant :

Bon… au moins il a l'air en forme.. .

À l'écart du tumulte du clan s’élevait le bosquet sacré des trèfles géants, dont les racines fines plongeaient dans la nappe d’eau pure, cadeau discret de l’ancien cataclysme.

C’est là que Ystenia, prêtresse de la Confrérie, puisait délicatement l’eau, ses gestes précis comme une danse.

Lorsqu’elle entendit les pas lourds et rapides de Karacole, elle se redressa. Il arriva devant elle, rouge de colère, couvert de poussière et respirant comme un soufflet de forge.

Salutations, Karacole, dit-elle avec douceur. Comment te sens-tu après ton retour parmi nous ?

Comment je me sens ?! fulmina-t-il.

Par le derrière enflammé d’un troll enrhumé, je me sens prêt à lui écrabouiller la face contre un rocher et à lui broyer les—

Karacole, l’interrompit Ystenia sans élever la voix. Tu sais que la vengeance personnelle est contraire à nos lois.

Il planta ses yeux dans les siens, furieux.

Parce que les lois sont appliquées maintenant?

Cela a été décidé en ton absence. Pour éviter que ce qui t'es arrivé se reproduise.

C'est un scandale ! J'invoque la Cérémonie du Plateau ! Je veux que la Confrérie juge! Je veux avoir le droit de lui tanner le cuir! Il ne s'en sortira pas comme çà !

Ystenia posa sa cruche d’eau. Elle l’observa longuement, silencieuse, ses yeux de jade plongeant dans la fureur des siens.

En es-tu certain, Karacole ? Le Jugement du Plateau ne pardonne pas l'hésitation. Il n'y aura pas de retour en arrière.

Le nain gonfla la poitrine.

Trois jours et trois nuits à bouffer des rats crevés dans ce foutu désert, c’est assez de temps pour réfléchir ! Sonnes le Cor qu'on en finisse !

Un silence tomba. Puis Ystenia hocha lentement la tête.

Très bien. Qu’il en soit ainsi.

À l’autre bout de la plaine, le souffle puissant du Cor de Rune fit vibrer le métal gravé, et un son profond, ancestral, se répandit à travers les herbes dorées. La Cérémonie du Plateau aurait lieu au coucher du soleil.

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15/11/25 09:10 - #4396
  • Nain
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Dardar

La Cérémonie du Plateau : La Vengeance de Karacole

(Extrait officiel du Livre des Agoras Ludirunniques – année 767)

La plaine ondulait sous la lumière du crépuscule, vaste tapis d’herbes dorées frémissant sous une brise timide. À l’horizon, loin derrière les reliefs herbeux, on devinait la cicatrice du désert blanc, souvenir récent du Cataclysme. Mais ici, en ce lieu béni par les demi-dieux jumeaux, la vie avait repris. Une assemblée hétéroclite formait un large cercle : des elfes aux air sérieux, des humains réunis en petit groupes, des nains barbus et grommelants, et même quelques vampires, silhouettes sobres et immobiles, observant sans mot dire.

Au centre du cercle, la prêtresse elfe Ystenia des Étoiles, drapée d’un manteau blanc immaculé, s’avança en portant un coussin de soie. Sur ce coussin reposait un objet… ordinaire. Un simple dé de pierre, rugueux, taillé grossièrement.

Le dé ancestral, disait la tradition. Un artefact dont la véritable nature avait longtemps échappé aux mortels. Ystenia s’agenouilla. Ses mains s’élevèrent, ses yeux se fermèrent. 7

Sa voix claire s’éleva dans la plaine : « Ludi le Muet, créateur du hasard, Runner l’Aveugle, forgeur du Verbe, rendez justice à ceux qui cherchent la vérité.

Bénissez ce dé, afin qu’il devienne Ludi et Rune, un pont entre le Jeu et le Jugement. »

Un silence solennel suivit… puis le monde sembla retenir sa respiration. Le ciel s’ouvrit comme un rideau pâle. Un faisceau de lumière verticale tomba des nuages et vint frapper le petit dé de pierre. La roche se mit à vibrer, ses arêtes se lissèrent, ses faces se déployèrent dans une luminescence bleu argenté.

L’objet se souleva d’un doigt au-dessus du coussin, tournant avec lenteur, et sur chacune de ses faces apparurent des glyphes mouvants, comme vivants. Ainsi renaquit le Ludi-Rune, trésor oublié, avatar du hasard guidé par la parole. Ystenia se releva, tenant le coussin comme on porte une relique sacrée.

« Peuples de la plaine, déclara la prêtresse, cette assemblée est désormais soumise au jugement de Ludi et Runner.

Voici la résolution du jour : la Confrérie du Plateau doit-elle autoriser Karacole, Nain-Variable, à entreprendre sa quête de vengeance contre Phélicien Ier »

Un murmure parcourut l’assemblée.

«C'est vrai qu'il s'est fait tabasser comme un malpropre ?»

«12 coups d'épée foudroyante il paraît »

« Bien fait pour lui... »

Karacole, les bras croisés sur sa barbe torsadée, jetait des regards furieux vers l’horizon. Phelicien, lui, n’était pas présent. « Que ceux qui votent pour lèvent la main. » Une multitude de bras se dressa. Le Ludi-Rune réagit immédiatement : les glyphes de plusieurs faces prirent une teinte bleutée et vive, s’intensifiant comme un feu grandissant. « Que ceux qui votent contre lèvent la main. » Moins de mains se levèrent… Et les glyphes opposés pâlirent, mais restèrent visibles, oscillant comme des braises hésitantes. Chaque mouvement, chaque hésitation, chaque conviction semblait affecter les probabilités inscrites sur l’artefact.

La magie du dé réagissait à la volonté collective — mais jamais totalement. Car Ludi mimait : tout peut être fait mais rien n’est certain. Et Runner rappelait : tout peut être dit, mais rien n’est garanti.

Lorsque les votes furent clos, Ystenia tendit une petite vasque sombre : l’Obole Noire, un récipient de pierre volcanique où devait se jouer le destin. Avec gravité, la prêtresse prit le Ludi-Runne entre ses paumes. La rotation s’arrêta. Un souffle parcourut la plaine. Elle lança le dé. Le Ludi-Rune heurta l’Obole dans un cliquetis cristallin, clignota d’une lumière vive… puis se stabilisa. Une seule face brilla intensément, projetant un halo sur le visage de Karacole. « Les dieux ont parlé, Karacole.... »

(Texte posté par Karacole mais rédigé par Ystenia)

Edité le 17/11/25 00:45 par Dardar
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15/11/25 12:33 - #4400
  • Nain
  • Homme
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Dardar

La Cérémonie du Plateau : Le Verdict des Dieux

Le halo qui baignait le visage de Karacole était d’un blanc bleuté, presque incandescent.
La foule retint son souffle.
Même les vampires cessèrent de ne pas respirer.

Ystenia se tourna lentement vers l’assemblée.

Les dieux ont parlé, Karacole…

Elle marqua une longue pause. Trop longue.
Tellement longue que trois nains au deuxième rang commencèrent à se regarder en se demandant s’ils n’avaient pas raté quelque chose.

Puis la prêtresse posa sa main sur la face illuminée du dé, et d’une voix claire :

Le droit à la vengeance te sera accordé.

Un grondement parcourut les spectateurs : un mélange d’enthousiasme, de terreur, et de « je vais aller chercher du pop-corn ».

Karacole dressa sa barbe comme une crinière de pierre vivante.

Enfin ! Par le maillet sacré de mon père, je vais

Cependant, trancha Ystenia.

Le nain se figea.
Le public aussi.
Même le vent, cette raclure instable, sembla retenir son souffle.

Le Jugement du Plateau exige un duel réglementé. Pas une vendetta sauvage dans le désert. Pas de traque, pas d’embuscade, pas de coups dans les parties génitales, sous quelque forme qu'elles existent chez Phélicien.

Karacole ouvrit la bouche pour protester, mais Ystenia leva un doigt.

Tu devras l’affronter selon le Rite du Dé-borné. Au premier sang. Devant témoins. Sous la surveillance de la Confrérie.

La foule explosa :

Un Dé-borné !
Ça va saigner ! (dit un vampire en déglutissant)
J’espère qu’il apporte son protège-barbe !

Le nain, malgré son impatience meurtrière, hocha lentement la tête.

Soit. Je respecterai le Rite. Mais dites-moi seulement une chose, prêtresse : quand ?

Ystenia posa à nouveau la main sur le Ludi-Rune.


Les glyphes se mirent à tourner, plus vite, toujours plus vite, jusqu’à former une spirale lumineuse.

Au lever de la troisième lune, déclara enfin la prêtresse.

Un frisson parcourut l’assemblée.
La troisième lune était proche. Trop proche. Mais surtout Karacole conaissait toute la pleutrerie de Phélicien 1er, jamais il ne se présenterait au duel du Dé-Borné. Il devait déjà être en train de chercher asile auprès de Carolus en clamant que jamais il n'accepterait les lois de la confrérie du Plateau qui lui avait pourtant ouvert les bras...

— Alors soit, grogna Karacole. Mais avant que le Plateau ne se referme… j’ai une requête.

Un murmure s’éleva aussitôt parmi les rangs.
Ystenia arqua un sourcil, attentive.

Karacole avança d’un pas, les yeux durs comme la pierre des montagnes ancestrales.

Je réclame mon droit à la vengeance. Toute entière. Pas seulement un duel borné par l'honneur.

Le nain inspira profondément, puis déclara d’une voix qui résonna jusqu’aux confins de la plaine :

- S’il se présente, je réglerai l’affaire selon l’honneur. Mais s’il refuse et nous savons tous quelle couardise anime ce freluquet, alors je demande son bannissement de la Confrérie du Plateau. Qu’il soit déclaré hors-loi, qu'il soit nommé dé-traqué !

Murmures d'épouvante dans l'assemblée : "dé-traqué, mais c'est horrible !", Un dé-traqué ? On n'a plus eu de dé-traqué depuis l'incident de la bière renversée sur une partie des chefs en cours..."

Le nain continua :
- Qu’aucune protection ne lui soit accordée.
- Qu’il puisse être traqué, frappé, défié ou humilié par quiconque sans que nul ne puisse invoquer les lois de la Confrérie pour le protéger.

- Que seule sa mort puisse effacer son dé-traquage.

- Qu'il devienne poussière dans le vent du grand Plateau.

Le silence s’abattit.
Ystenia contempla un instant le nain, pesant chacune de ses paroles.

Puis elle s’inclina légèrement.

— Ta demande est légitime, Karacole. Le Jugement du Plateau accepte les requêtes qui restent dans l’esprit du Hasard et du Verbe. Les témoins sont là. Les demi-dieux Ludi et Runner ont entendu. Pas ma voix ils approuvent.

Elle posa alors la main sur le Ludi-Rune.
Les glyphes s’illuminèrent d’un éclat tranchant, presque métallique.

Il en sera fait selon ta volonté. Phélicien 1er aura le choix : se présenter au duel… ou disparaître aux yeux des lois qui auraient pu le protéger.

La foule hocha, applaudissant ou murmurant, chacun comprenant la portée de cet arrêt.
Certains sourirent, carnassiers. D’autres commencèrent à prendre des paris.

Karacole, lui, se redressa, les sourcils broussailleux en berne et le visage fermé mais satisfait.

— Qu’il en soit ainsi, dit-il. La vengeance vient. Et si ce pleutre fuit… alors la traque commencera.

Le Ludi-Rune retomba dans la vasque, son éclat s’éteignant d’un coup, comme une sentence scellée dans la pierre même du monde.

Et très loin, sur une dune isolée du désert blanc, Phélicien Ier sentit un poids invisible s’abattre sur lui… comme si le destin lui-même venait de charger son arbalète.

Edité le 15/11/25 13:00 par Dardar
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16/11/25 00:51 - #4410
  • Humain
  • Homme
  • Valdania
EtBdsTROLL

Une sensation sourde assujetti Phélicien 1er. Il connaissait mal cet etat, mais les anciens lui avait décrit quand il était enfant : le dé ancestral avait été utilisé, à son encontre. Il sentit un frisson parcourir son corps, un frisson sinistre, glacial, qui le saisit ensuite au niveau de la poitrine. La seconde suivante, une lueur éclaira l'obscurité. Ce faisceau de lumière était proche, vers le sud, indiquant que la rune etait en cours d'utilisation dans son clan. La décision était deja prise.

*Je sais que je suis différent d'eux. Pensa-t-il. Peut être m'accepterons t'ils un jour ? Je ne comprend pas leur quête, construire, se barricader, et eux, ils ne comprennent la mienne. Pourrons nous un jour nous entendre ?*

Phélicien savait ce qu'il lui restait à faire. La prêtresse avais utilisé la rune, a la demande de ce nain ivrogne, Kakacole. Les dieux étaient désormais impliqués, et plus aucun retour en arrière n'était envisageable.

D'un pas lourd, il pris la direction de la confrérie. Il devrait se battre, un combat tant attendu et pourtant si destructeur. Pourquoi de telles cruautés étaient perpétrées ? Comment valdania, unique déesse digne de ce titre, pouvait laisser de tels règlements de comptes. Le trajet vers la confrérie serait long, mais chaque instant sera accompagné de prière. Il arrivera pour la troisième lune.

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17/11/25 00:38 - #4424
  • Humain
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  • Valdania
EtBdsTROLL

En chemin vers la capitale de la plaine, Phénicien était assoiffé. Le soleil était si agressif qu'il suffoquait sous son armure. En chemin, il rencontra un jeune homme, animé par la haine.

"Connais tu Union ? j'ai des questions à lui poser. Annonça Longinus d'une voix amère.

-Je ne connais personne de ce nom là, et si je le connaissais, pourquoi t'en parlerais je ? questionna Phélicien avec prudence.

-Car il y a une prime sur sa tête. Le roi Carolus m'envoi."

Il mentais, Phélicien le savait. Il ne supportais pas ce genre de personne. La dernière fois qu'il avait été provoqué de la sorte, cela avait abouti à un bain de sang. En revoyant les images en pensée, il fût pris d'une rage si intense qu'il sortie alors son arme et s'attaqua à cet homme, sans foi ni loi.

C'est alors qu'un nouveau drame s'abattit sut Terra. Il savait qu'il en entendrai parler longuement, mais malheureusement, il lui était impossible de lutter...

"Que Valdania me pardonne." Dit tout haut Phélicien, 1er du nom.

Edité le 21/11/25 22:27 par EtBdsTROLL
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17/11/25 00:58 - #4425
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Dardar

⚒️ Chroniques du Plateau – Chapitre où Phélicien 1er fit quelque chose d'utile

(Rapport de Karacole, Nain-Variable, témoin contrarié mais honnête)

Il faut toujours se méfier du destin. On croit le savoir tout tracé... et puis la plume du scribe de la destinée dérape de manière inattendue...

C’est plus ou moins ce qui est arrivé à Karacole le jour où, alors qu’il ruminait sa vengeance légitime, un murmure se répandit dans la Confrérie :

« Phélicien 1er a fait une action utile à la Confrérie. »

La rumeur était si incongrue que les nains du Cercle des Bâtisseurs furent obligés d’interrompre un chantier entier, juste pour vérifier que ce n’était pas une blague de mauvais goût.

Et pourtant… c’était vrai.

Alors que la Rune vibrait encore, alors que le droit sacré de vengeance venait d’être confirmé par les jumeaux Ludi et Runner, voilà que l’humain au cœur trop lourd, aux pensées trop longues et au Calimé-Lore croisait la route d’un émissaire de Carolus. Phélicien tenta plus tard de raconter la rencontre avec des mots compliqués, des introspections existentielles, et une prière mélodramatique à Valdania.
Mais la vérité, les témoins la connaissent :

Il l’a juste découpé.
Et bien, en plus. En petites tranchouilles si fines qu'elles en étaient transparentes. Son boucher de père en aurait été fier !
Sans réfléchir davantage que d’habitude — ce qui, pour lui n'est pas un euphémisme.

Karacole, apprenant la nouvelle, grogna d’abord.
Puis pesta.
Puis il resta silencieux plus longtemps que de raison.

Parce qu’au fond, il faut dire la vérité :
il éprouva un certain respect.
Un respect bourru, un respect qui gratte et qui agace, mais un respect quand même.

Et comme tout nain digne de ce nom, il déteste devoir le reconnaître.

« Cette fois, tu as frappé juste, l’humain. »

C’est ce qu’il aurait voulu dire.
À la place il marmonna quelque chose comme :

« Même une pioche mal aiguisée finit par casser une pierre, si on la jette assez fort. »

Mais la vérité demeure :
Phélicien n’a pas fui.
Il n’a pas triché.
Il n’a pas ignoré la loi du Plateau.
Il a marché, lourdement mais sincèrement, vers la Confrérie — prêt à faire face, prêt à se battre, prêt à prier si nécessaire.

C’est plus qu’on ne pouvait espérer d’un pleutre.
Et moins qu’on n’oserait ne pas demander à l'inverse d'un ennemi.

La route reste ouverte.

La vengeance reste légitime.
Les dieux ont parlé, et Karacole maintient son droit.
Mais désormais, il sait que Phélicien n’est pas seulement un adversaire.
Il est… quelque chose de moins simple.
Un rival digne.
Un homme qui vacille, mais qui avance (et qui re-vacille ensuite faute de trop de gnôle).
Un être qui surprend, parfois pour le pire — mais ici, pour le meilleur.

Alors qu’il vienne à la troisième lune.

S’il accepte le duel, Karacole combattra avec honneur.
S’il refuse… le bannissement et la traque resteront la règle du Plateau, car la loi n’attend pas les états d’âme.

Mais quoi qu’il arrive, le nain pourra dire une chose sans rougir — ou presque :

« Tu m’auras donné un bon souvenir avant que je te colle une mandale. »

Edité le 17/11/25 01:11 par Dardar
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20/11/25 21:41 - #4465
  • Nain
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Dardar

Un beau matin, Grommelbarbe Hurlengueule, le héraut officiel de la Confrérie du Plateau se juche sur un tonneau et harangue les badauds de sa voix de ténor dramatique :

« OYEZ ! OYEZ ! OYEEEEEEEZ !!!
QUE TOUTES LES OREILLES QUI NE SONT PAS BOUCHÉES PAR LA POUISSIÈRE DE LA PLAINE ENTENDENT CECI ! »

Moi, Grommelbarbe Hurlengueule,
Héraut accrédité de la Confrérie du Plateau, chargé des annonces officielles, mariages, décés, duels, éviscérations fortuites et naissances inopinées !
viens proclamer au nom de Karacole Forge-Taverne, nain variable à l'humeur constante, actuellement très contrariée :

QUE LE CONTRENOMMÉ SUSDIT PHÉLICIEN PREMIER DU NOM… EST GRACIÉ ! (ET J'EN SUIS OUTRÉ !).

OUI, OUI, VOUS AVEZ BIEN ENTENDU !
GRACIÉ ! ET NON PAS GRAS SCIÉ ! EN UN SEUL MOT :
GRACIÉ ! (SCANDALEUX !)
Et que personne ne vienne me dire que je me suis trompé de rouleau : j’ai vérifié TROIS FOIS (et j’ai même demandé à un elfe scribe, c’est dire ma détresse !).

Cela fait suite à son acte remarquable — remarquable, qu’ils disent ! — dans les affaires qui embêtent présentement Son Altesse Carolus et ses promeneurs désertiques armés jusqu’aux narines.

Ainsi, par décret de la Confrérie du Plateau,
validé, tamponné et probablement soupiré :

LA CÉRÉMONIE DU PLATEAU AFFÉRENTE AU MEURTRE DE KARACOLE EST NULLE ET NON AVENUE (ET C'EST HONTEUX !)

LE SUSDIT PHÉLICIEN NE SERA NI EXÉCUTÉ, NI BAFFÉ (DOMMAGE !), NI BANNI, NI HONNI, ZUCCHINI (QUI A ÉCRIT SUR MON PARCHEMIN !!!) !

NON IL SERA... BEL ET BIEN... ET DÉFINITIVEMENT... GRACIÉ (POUR CETTE FOIS ET SUREMENT JUSQU'À LA PROCHAINE QUI NE SAURAIT TARDER...)

(Et entre nous, ça me fend le cœur. J’avais déjà ressorti le grand gong.)

AINSI DONC !
Phélicien, fils de je-ne-sais-qui, fils du boucher du coin, tu es invité — invité, oui oui ! — à REVENIR au Plateau en un seul morceau, et de préférence sans tuer quelqu’un sur le chemin ni provoquer l'énième incident diplomatique,
CAR ON COMMENCE SACRÉMENT À MANQUER DE PAPIER POUR FAIRE LES RAPPORTS.

Et si jamais tu pouvais ARRIVER avec un tonnelet de quelque chose (du vin de catus) pour calmer Karacole, ce serait apprécié ! — par Karacole, par la Prêtresse Ysténia et par moi parce que j’annonce mieux après trois pintes.

Ainsi fut crié, ainsi fut beuglé !
Par Grommelbarbe Hurlengueule,
Héraut outré par vocation sur six générations !

AINSI AIS-JE PARLÉ !

QUE CELA SOIT ENTENDU,
QUE CELA SOIT GRAVÉ,
ET QUE CELA PUISSE CESSER DE ME FAIRE PERDRE LA VOIX !

Edité le 20/11/25 21:50 par Dardar
26/11/25 09:21 - #4493
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Dardar

De l'apparition des mines

Cela faisait quelques temps que Karacole percevait son appel :
"Viens voir mes roches, vieille caboche,
tailler dans mes veines, vile pioche,
Viens caracoler en mon ventre minéral,
Batifoler entre mes gemmes, mon vénal,
Viens mon fils, d'entre les nains,
À la montagne, parmi les tiens."

À peu près ça. Ouais, l'appel de la mine. C'était dans l'air, tous les nains devaient s'être réveillés avec les oreilles qui bourdonnent. Les orteils qui s'affolent. Les dieux avaient ouvert le ventre de Terra à nouveau. Les mines étaient là.

Karacole se prépara son thé matinal. Il grogna c'est banal. Rasade de gnôle. Empaqueta son barda, pas oublier l'obole pour libra. Fin prêt il traversa l'acropole direction Ysténia. "Des étoiles" était là. Digne, belle, diaphane, une idole.

-"je l'ai perçu aussi Karacole, và. Qui donc saurait retenir un nain appelé parmi les siens de toute manière ?" Un sourire dans la voix, qui enjole.

Sans dire mot Karacole s'inclina, versa sa babiole dans la vasque de Libra. Tourna le dos et s'en fut, le visage godriole.

L'air du matin était frais, Karacole inspira à s'en fendre la diastole. Il marqua le pas en franchissant la grand porte de la Confrérie du Plateau. Il en avait donnés des coups de marteau sur ces morceaux de tôles, en passe de mégalopole. Ses confrères aussi, certains tripoteurs de popol, voire méritant des torgnoles. Sauf Ysténia, elle était de celles qui touchent pas le sol. Qui volent...
Renifla. Se rendit compte qu'ils lui manqueraient, ces branquignoles. Cueilleurs de girolles.

Se fiant à sa boussole Karacole laissa aller ses guiboles au gré de son seul pôle. La Nécropole des rois, là où convolent les roches, où se console le nain. Où cavernicole est l'instinct.

Edité le 26/11/25 14:23 par Dardar
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