Vampire
Femme
Valdania 
Présentation de Zméralda, Guerrière Frugivore, Dentelée et Dézziiiingueuse
D’aussi loin qu’elle s’en souvenait, Zméralda avait toujours été une guerrière redoutable.
Aimant les grands espaces — même avant sa naissance — elle avait résolu le problème de la promiscuité utérine de manière radicale : en mangeant ses quatre frères, pour « avoir un peu de place ».
Sa mère, impressionnée par tant d’initiative précoce, en fit immédiatement sa préférée.
Son enfance fut heureuse, pleine de pleines lunes, de courses sanglantes, de câlins maladroits et de petites bouchées d’animaux trop lents
Mais un défi inattendu se présenta : l’orthodontie vampirique.
Ses canines avaient poussé de travers, lui donnant un zozotement aussi adorable qu’agaçant, qui fit d’elle la risée de certains jeunes vampires.
Ils cessèrent rapidement de rire.
Avec la ténacité qui la caractérisait, Zméralda transforma son handicap en arme :
quand on se moquait de sa prononciation, elle envoyait un direct à la mâchoire qui faisait ravaler ses propos et quelques dents au railleur.
"Elle appelait ça de l'orthodontie pédagogique."
Un jour pourtant, elle se tourna vers sa mère et déclara :
« Ze ne veux plus manzer de boudin aux pommes. »
Ce fut le début d’une nouvelle ère dans sa vie :
Zméralda devint frugivore, adepte des nectarines sanguines, des pommes croustillantes, et fervente adoratrice d’aïoli — une contradiction culinaire que personne n’a jamais osé critiquer deux fois.
La rencontre : le petit bonhomme, la pêze… et les papillons
Parcourant Terra avec la légèreté d’un boulet de canon lancé par erreur, Zméralda tomba un jour sur une scène qui fit vibrer son sens inné de la justice :
Un petit bonhomme, en bien mauvaise posture, se faisait molester par une bande de brigands.
« Ne touzez pas au petit bonhomme ! »
tonna-t-elle, férocement.
Les brigands, peu au fait des traditions vampiriques, décidèrent de « ne pas se laisser faire ».
Ils se trompèrent.
Zméralda dû, comme souvent, les dézziiinguer — avec plusieurs « z », car l’effort le méritait.
Elle souleva ensuite le petit bonhomme par le col comme on ramasse un chiot perdu :
« Tu es zauvé. Ze zuis dézolée que l’on embête quelqu’un de zi petit et zi zoli. »
Puis, jugeant l’homme un peu pâle (pourtant c’était un nain), elle sortit un fruit :
« Tu veux une pêze ? »
Karacole — car c’était lui — admira la vampiresse qui croquait sa pêche au milieu des cadavres.
Le jus dégoulinait sur son menton comme une cascade de nectar sanguin ;
ses yeux brillaient d’une innocence désarmante ;
les morceaux coincés entre ses dents formaient une constellation fruitée d’une indicible beauté.
Le nain sentit des papillons guilifier dans son ventre.
Quand Zméralda, sentant son regard, se tourna vers lui en souriant, la dernière barrière céda.
Karacole toussota, lissé sa barbe, respira profondément.
« Gente dame… Pourrions-nous cheminer ensemble quelque temps ? »
Et ce fut pendant ces « quelque temps » — dont la durée exacte reste un sujet de débat entre les bardes — que Zméralda découvrit avec candeur que le petit bonhomme était en réalité bien un homme, et que décidément, tout en lui n’était pas petit.
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Nain
Homme
Libra 

Comment survivre à Zméralda (et à soi-même)
Récit du petit bonhomme, témoin et victime consentante d’une guerrière frugivore.
Je dois l’avouer : à l’instant précis où elle m’offrit cette pêze, mes genoux faillirent m’abandonner comme des apprentis forgerons qui prennent une pause sans prévenir.
J’avais vu des monstres, des trolls, des sorcières et même une belle-mère ogresse.
Mais jamais, ô jamais, je n’avais vu une créature capable à la fois de broie-cerveler des brigands et de hocher la tête avec l’air ravi d’un enfant qui découvre le goût de son premier fruit.
Elle croquait.
Je l’admirais.
Elle souriait.
Je fondais.
Elle mastiquait bruyamment.
Je… fis semblant de ne pas remarquer, parce qu’honnêtement : même ça, chez elle, c’était gracieux.
Je me mis donc à cheminer à ses côtés, espérant intérieurement que « quelque temps » durerait au moins jusqu’à la fin de mes jours — et peut-être même un peu après, si jamais les arpuspices naniques avaient tort au sujet de la réincarnation en moustiques par Libra si on avait trop juré dans sa vie (ce qu'un nain n'hésite pas à faire).
La marche : Moments partagés, tendres et légèrement traumatisants
Il faut comprendre : Zméralda ne marchait pas.
Elle se déplaçait comme une avalanche polie.
Chaque pas envoyait valser un caillou, un buisson, parfois un sanglier trop confiant.
Et pourtant, quand elle se tournait vers moi, c’était avec un regard si doux qu’on aurait dit une jeune pousse de pissenlit en train de s’excuser d’avoir écrasé une montagne.
« Tu vas bien, petit bonhomme ? Tu n’as pas mal aux jambes ? »
Bien sûr que j’avais mal aux jambes.
J’avais mal partout, en particulier à des endroits dont même les chansons paillardes ne parlent qu’à demi-mots.
Mais un nain ne se plaint jamais devant une belle femme.
Ou alors juste après sa mort, dans son testament : "ce jour la Zméralda j'us tellement mal aux guiboles que j'ai lancé un sort de Libra pendant que tu ne regardais pas..."
« Parfaitement bien, gente dame », répondis-je, le souffle coincé quelque part entre mes poumons et ma dignité.
Elle hocha la tête, ravie, puis me mit une tape dans le dos destinée, je pense, à m’encourager.
Je fis un vol gracieux de trois mètres.
Elle s’excusa, sincèrement honteuse.
Je souris, sincèrement inconscient.
Le repas du soir : révélation, confusion et nectarines meurtrières
Au campement, Zméralda sortit de son sac une dizaine de nectarines sanguines.
« Tu veux goûter ? Ze les ai cueillies moi-même. »
Elle avait dit « cueillies » mais vu la forme cabossée des fruits, j’aurais juré qu’elle les avait plutôt invoquées par violence hors de leur arbre.
Elle en croqua une et, comme plus tôt, le jus dégoulina sur son menton.
Je fus submergé d’émotions complexes : émerveillement, admiration, et une légère peur qu’elle me croque par accident par enthousiasme.
« Tu me regardes bizzarement, petit bonhomme », dit-elle en essuyant son menton du revers de la main — puis en me l’étalant involontairement sur la joue.
Je devins rouge.
Elle rit.
Le feu de camp crépita, comme pour approuver.
Et, dans cette chaleur partagée, je sentis que quelque chose changeait.
Peut-être était-ce la façon dont elle s’asseyait à moitié sur ma cape, à moitié sur moi.
Peut-être était-ce la manière dont elle me regardait, avec une curiosité neuve, presque scientifique.
Peut-être, enfin, était-ce le moment où elle demanda :
« Dis, petit bonhomme… pourquoi ton cœur bat-il si vite quand ze te touche ? »
Je faillis m’étouffer avec mon morceau de pain.
La découverte : ou comment un nain explique l’amour à une vampiresse frugivore
Je tentai de répondre avec élégance :
« Eh bien, gente dame, c’est que… vous êtes… enfin… très… impressionnante. »
Elle cligna des yeux.
« C’est bien ? »
Je hochai la tête avec vigueur.
Elle sourit — un sourire large, doux, un peu de noyau coincé entre ses dents — puis me prit la main comme si c’était la chose la plus naturelle du monde.
« Alors ze suis contente. Ze crois que ze t’aime bien, petit bonhomme. Beaucoup. »
À cet instant, mon cœur se mit à battre tellement fort qu’on aurait pu en faire un tambour de guerre.
Elle entendit.
Elle rougit.
Je crus mourir sur place.
De bonheur.
Puis elle mangea de l'aïoli,
Je crus mourir sur place,
De l'odeur.
Épilogue provisoire : Zméralda et moi
Je ne sais pas exactement quand Zméralda réalisa que j’étais un homme entier, et non un bibelot barbu articulé.
Peut-être fut-ce le jour où je lui tins tête pour lui expliquer patiemment qu’on ne jette pas les loups, même s’ils grognent.
Peut-être le jour où je lui façonnai un petit protège-canines en argent-qui-ne-pique-pas les vampires (en mithril en fait, la matière première m'avait coûté un combat contre un Balrog).
Peut-être celui où je lui appris la différence entre « mordiller » et « mordre ».
Mais je sais une chose :
elle, Zméralda la Dézziiiingueuse, la Frugivore Dentelée, m’avait choisi.
Et moi, Karacole, petit bonhomme à la barbe trop courte, j’avais trouvé dans son sourire fruité un foyer plus sûr que toutes les forteresses naines.
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Vampire
Homme
Libra 
Bouffe des fruits, bouffe des fruits, doit s'habiller en arc en ciel cette vampire pensa Ortanko.
Eh Zmeralda "TU VEUX MA BANANE ?!?!?!". Pouahahahahahahahah
Hum hum, enchanté collègue vampire, quand tu veux je te redresse les dents, krkrkrkrkrkrkrkrkr.
Fléaument
Vampire
Femme
Valdania 
Lorsque'il croisa la route de Zméralda Ortanko ouvrit la bouche.
On aurait dit le mélange entre l'oncle bourré et gênant qui s'invite aux fêtes deux fois par an, avec un bodybuilder ayant besoin de compenser la réduction de ses noisettes par les stéroïdes : « TU VEUX MA BANANE ? ».
Même les rares buissons du désert hésitèrent entre se déraciner pour fuir ou boucher les feuilles de leurs jeunes pousses.
Zméralda ne se retourna pas.
Karacole pas plus.
Un pet de moucheron dans un ouragan aurait eu plus d’impact émotionnel.
D’ailleurs, le vent, pris de pitié, tenta de couvrir le vacarme en agitant le sable des dunes comme un rideau gêné.
Un pas plus loin, Ortanko n’était déjà plus qu’une anomalie sonore, une bulle embarrassante ayant pétouillé dans le grand bain de l’existence.
Car devant eux se dressait Lastelle, du clan de Carolus, fière et digne d'intérêt (contrairement au premier cité dans cette histoire).
En tout cas elle était la première assez téméraire — ou assez bête — pour croiser leur route.
Zméralda voulut saluer de la main, sa dague lui échappa et partir se ficher dans le cœur — ou plutôt le traversât — de Lastelle ce qui la tua sur le coup.
"Oupz" exclama-t-elle pour tout regret.
Après le massacre involontaire, Karacole tourna son regard toujours admiratif sur elle, il lui dit : "tu nas pas entendu quelqu'un parler de banane ?"
Et ils rigolèrent ensemble de l'incongruité de ce souvenir.
Ortanko... Ortanqui ? Ah oui, lui. Le bruit de fond qui se croit être un personnage.
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Humain
Femme
Taps 

Lastelle arpentait le désert.
Pourquoi elle était de retour dans ce désert, elle se le demandait encore... Mais bon, elle y était, donc pas de raison de traîner sur place.
🙤 · ┈┈┈┈┈┈ · 🙦
Les premiers temps furent étonnamment faciles, ce qui alimenta bien vite sa suspicion habituelle.
Réapprendre les bases, elle les avait, donc ce fut vite expédié.
Balancer du sable dans les yeux de ces nouvelles bestioles ressemblant à des tortues ou des vrilles de morves liquides, c'était facile.
Puis, trouver un bouquin dans une petite roulotte remplie de babioles hétéroclites, des châles et des pendentifs à tout va.
Elle y avait passé la journée certes, mais c'était encore du domaine des débutants. Elle en était ressortie satisfaite du devoir accompli, et bien couverte pour les nuits froides à venir dans les sables.
Elle était une Marche-sable, c'était ancré dans sa chair et son âme.
Une fois de retour dans le désert, celui dans lequel on est depuis trop longtemps...
Que faire ?
Bon, les lieux semblent avoir été chamboulés depuis des éons, et elle eut beau demander aux quelques marchands de passage, aucune carte ne semblait plus valable désormais.
Et puis il y eu cette vieille marchande à l'air louche, qui lui parla de ce royaume tout nouveau qui s'établissait loin dans le désert, et qui avait notamment besoin d'un peu de main d’œuvre pour ne pas finir enseveli, comme tant d'autres empires passés avant lui, sous les sables.
Par conséquent, Lastelle décida rapidement d'en refaire une nouvelle, de carte. Aucun doute qu'on l'accueillerait plus facilement dans les camps épars avec son expertise du désert plutôt qu'avec des mains vides.
Elle arpenta donc le désert qu'elle avait peine à reconnaître, car même pour une habituée de la survie en territoire désertique, une dune ressemble souvent à une autre dune... mais c'est la distance entre les deux qui importe, pour savoir à peu près où l'on se trouve.
Enfin, quand ça ne vente pas trop et que les dunes ne bougent pas, bien évidemment.
Elle arpentait donc le désert, en prenant des notes, depuis des jours à présent.
Elle passa une nuit dans les ruines du palais antique d'Isthar.
Elle passa la nuit suivante dans les ruines de la Mère de Toutes les Portes, Atonia.
Esquiver les morts-vivants cliquetants n'était pas un souci pour elle, elle était habituée.
🙤 · ┈┈┈┈┈┈ · 🙦
C'est au retour de sa première expédition dans le nord-ouest de la contrée désertique que la réalité des choses se rappela à sa mémoire, comme toujours avec la finesse d'un grand coup de poing dans la tronche.
Revenir du côté de la Pyramide Blanche était plus un impératif qu'un réel choix. Elle n'avait pas complètement cartographié la zone, et cette grande tache blanche au milieu de sa carte faisait tache en rappelant que sa tâche ne se compléterait pas toute seule.
Donc elle y alla.
Bien évidemment elle savait que les abords de la Pyramide sont toujours mal fréquentés, que ce soient les brigands avides d'en découdre avec les premiers venus, les débutants ingénus réclamant déjà de l'aide au détour du cactus le plus proche, ou les marchands ambulants pressés de vendre leur camelote à vils prix aux seconds avant de filer pour ne pas se faire détrousser par les premiers.
Elle le savait, ce n'était pas une bonne idée de rester dans les parages de la Pyramide centrale du désert, qui dégueulait toujours son lot journalier de morts-vivants désœuvrés, et d'habitude elle évitait cette zone comme la peste.
Mais bon, cette zone encore vierge de ses annotations en plein milieu de sa carte, ça l'ennuyait.
Donc elle y alla.
Et bien évidemment, elle se fit poignarder par derrière, par une dague lancée à la volée par quelqu'un qu'elle n'aura même pas eu le temps de bien identifier, occupée qu'elle était à étudier attentivement la disposition des gros rochers de la zone, lesquels résistaient certainement depuis bien plus longtemps aux aléas de la vie qu'une Lastelle en maraude.
🙤 · ┈┈┈┈┈┈ · 🙦
Ci-git Lastelle, poignardée pour une quelconque raison, car c'est toujours aussi facile de poignarder les voyageurs de passage dans le désert, ce qui est compréhensible, tout en leur attribuant des motifs de se faire poignarder pour des raisons futiles, ce qui l'est moins.
Sa capuche blanche couvrant toujours le flot de ses cheveux bruns, et rabattue sur son regard noisette désormais fixe, une forme blanche reste allongée sur le sol sableux.
┈
Ou pas.
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Vampire
Femme
Valdania 
Cela faisait 5 bonnes minutes que Nin Jaja essayait d'enfoncer sa lame dans le thorax de Zméralda. Elle de son côté, écrasait un roupillon diurne sous le soleil cuisant du désert.
Au second surin tordu, Nin Jaja lança un juron en même temps que l'arme devenue inutile. Elle rassembla alors toutes ses forces pour lancer son meilleur châtiment ardent sur la belle aux désert dormant. Rien... si quelques brûlures superficielles... la mâchoire sur les genoux, Nin Jaja s'enfuit le plus loin possible de cet être à l'endurance surnaturelle et au derme impénétrable...
Zmérlada se réveilla de sa sieste. Elle avait fait plein de beaux rêves ou Karacole lui massait son opulente poitrine. Mais "oh" son plastron de torse était tout entaillé et brûlotté ? Zméralda s'étira, elle pensa joyeusement "Bah zé pas grave ! Zé bientôt les zoldes !"
Vampire
Femme
Valdania 
Zméralda s'amusait à faire des "ricochets de cailloux sur la mer de sable". Elle venait de lancer un palet rocheux de 6kg qui était déjà en train de bondir de loin en loin quand un "splatch" se fit entendre.
La pauvre Arioche qui l'avait reçu en pleine poire ne retrouva sa tête que dans les limbes...
"Oupz ! Zont fraziles les zens par izi !"
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Vampire
Femme
Valdania 
“Oh… Ils cassent facilement, quand même.”
— Chroniques candides de Zméralda, Tueuse malgré elle.
Ce matin, Zméralda faisait son crozzfit, comme tous les jours au lever du soleil — c’est-à-dire courir en portant un rocher sur chaque épaule, puis lancer des bûches en hurlant “HOP HOP HOP”, parce que ça fait circuler “le sang et les graviers”, disait Mamie Zmorkla.
Aujourd’hui, grande nouveauté : elle avait ajouté des haltères sculptées dans un tronc entier, pour progresser.
C’est à ce moment que Phélicien Ier apparut, souriant comme un chevreau trop confiant, l’épée au clair.
Il lui fit un petit signe, puis se mit à charger, l'air déterminé.
Zméralda, elle, interpréta ça comme une salutation très enthousiaste.
Alors, pour répondre poliment, elle voulut simplement poser son haltère-tronc au sol avec un petit demi-tour gracieux.
Elle avait juste mal estimé la longueur du tronc.
PAF.
Phélicien se prit l’haltère en pleine mouille.
Il vola sur une trentaine de mètres, ricocheta deux fois, et alla finir empalé sur un cactus.
L’impact délogeant une souriboise énervée, celle-ci se vengea en urinant sur le cadavre tordu du pauvre Phélicien.
Zméralda cligna des yeux.
“Oh.
Il a dû trébucher.”
Cette petite mésaventure lui rappela soudain qu’elle avait déjà eu quelques "interactions malencontreuses" avec les Terrariens, elle tendit quatre doigts souples et musculeux :
Lastelle, qu’elle avait saluée un peu fort, laissant échapper sa dague, laquelle avait traversé Lastelle (puis deux cactus, et une gourde d’eau potable).
Nin Jaja, qui avait essayé de la poignarder pendant qu’elle faisait une sieste : trois dagues brisées, un sort incendiaire gaspillé, et même pas un bleu sur Zméralda.
Arioche, décapitée par un “petit ricochet de rocher”, lorsque Zméralda voulait montrer à Karacole qu’elle savait faire “comme Mamie Zmorkla mais en mieux”.
Et maintenant Phélicien Ier, venu découvrir que le crozzfit matinal comporte des risques mortels.
Elle regarda le cactus, Phélicien dessus, et la souriboise encore en train de l’insulter en couinant.
Puis elle conclut, très sérieusement :
“Oh.
Peut-être que…
Peut-être que les Terrariens…
…manzent pas azzez de zoupe !”
Elle reprit son tronc-haltère et s’éloigna en trottinant.
Demain, elle s’entraînera encore.
Mais elle essaiera de lancer les haltères vers le haut, cette fois.
Promis.
Vampire
Homme
Libra 
Ortanko appela en urgence son messager privé Barotan pour lui remettre un courrier :
Madame
C'est avec une joie immense et une fierté pour mon peuple que je lis vos rapports aussi rapidement que mon coursier mes les emmènent.
Malgré vos penchants bizarres pour les nains, votre régime alimentaire à base de quinoa et votre dégoût du sang je me dois de saluer la virtuosité de vos exactions.
Je connais votre réponse mais c'est avec un grand honneur que je vous invite officiellement à faire du mercenariat à mes côtés.
Vous me revenez cher en eau mais deux de vos victimes sont des contrats que je peux désormais honorer.
Votre ferveur et votre efficacité dans l'art du meurtre sont a soulignés.
Je ne peux vous promettre gloire et richesses mais je peux vous promettre du sang, des larmes et des morts.
Recevez par cette missive ma profonde administration.
Prenez cet oratoire comme un honneur car le Fléau n'en rend jamais.
Au plaisir de décapiter quelques manants à vos côtés.
Ortanko le Fléau
(ps: moi seul peu malmener ce coursier, attention)
Barotan va porter ça a l'autre vampirette ! Et après tu ira me chercher des trucs à buter. Va!
Nain
Homme
Libra 

Karacole arriva le premier, bottes dans le sable, cape claquant au vent comme si elle protestait d’être là.
Il plissa les yeux vers… ce qui devait être Phélicien.
Ou ce qu’il en restait.
Le corps désarticulé pendait encore du cactus comme un linge mal étendu, la souriboise le houspillant en couinements insultants.
Karacole souffla, passablement navré.
« Ah… Phélicien… mon pauvre vieux… mourir comme un héros, je t’aurais accordé ça. Mourir comme un idiot, je pouvais l’entendre aussi — tu y mettais du tien. Mais mourir comme… comme ça ? »
Il désigna la scène d’un geste vague, mi-bercé de consternation, mi-amusé malgré lui.
« Empalé par un cactus après s’être pris une haltère dans la tronche… C’est même plus un décès, c’est une fable morale. »
Un silence.
Puis un soupir, agacé mais presque affectueux :
« Évidemment. Il faut que ce soit Zméralda. Qui d’autre hein ? Elle pourrait tuer un dragon par inadvertance en se recoiffant. Dire sue j'avais confié le contrat à Ortanko... coiffé sur le poteau par une gamine le fléau des bacs à sables...
Il se pencha un peu. La souriboise lui montra les dents. Il la salua d’un petit signe blasé.
« Oui oui, je sais, vous défendez votre cactus. Pas de ma faute si ce pauvre bougre est venu s’y embrocher. »
Il croisa les bras, renifla, et secoua la tête comme un père qui corrige un enfant impossible :
« Phélicien… Je t’aimais bien, tu sais. À ma façon. Lointaine. Critique. Détachée. D’ailleurs c’était le meilleur moyen de t’aimer. »
Une dernière fois, il observa la dépouille du malheureux, le mélange d’agacement, de soulagement et de douce revanche peignant son visage.
« Bon. Eh bien… adieu, mon valeureux incompétent.
On se reverra quand tu recolleras tes os dans les limbes.
Essaye juste de… hm… d’éviter les haltères... et les gamines un peu trop développées la prochaine fois !»
Il fit demi-tour, haussa les épaules.
Et, très bas — beaucoup trop bas pour que qui que ce soit l’entende, sauf peut-être le vent et une souriboise perplexe — il marmonna :
« …Et voilà. Il aura fallu que quelqu’un d’autre te tue pour que j’aie ma vengeance. Quel gâchis. »
Puis il repartit, la cape claquant cette fois avec une satisfaction très discrète.
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